POURQUOI LIT-ON ?

Publié le par N.L. Taram

Après avoir lu un superbe texte plein d’humour et d’amour qu’une amie a publié sur son blog « La coulpe en est au chat », je me suis posé la question : pourquoi lit-on ?
 
Extrait de la revue "Illustration", période 1914/1918

Extrait de la revue "Illustration", période 1914/1918

Mon commentaire sur ce blog :
 
J’apprends quelque chose : pourquoi lit-on ? La faute à qui ? Je ne m’étais jamais posé la question. Tout gosse, je montais au grenier pour lire les livres de mon grand père paternel qui étaient stockés dans une vielle armoire : des « Victor Hugo » paraissant dans des revues que mon grand père avait reliées, toutes les revues « Illustration » de la période 14/18 (superbe et émouvant) et puis, entre autres,  un livre rare « Mein Kampf » d’Adolf Hitler, première version éditée en France puis interdite par Hitler, avec une préface du Maréchal Lyautey (je me souviens « Tout français devrait lire ce livre »).
Je vais essayer de comprendre pourquoi je lis…
 
 
Au lycée, mes notes n’étaient pas brillantes et en dehors des mathématiques (où j’étais premier) et du dessin (où j’étais deuxième), les autres matières étaient aux environs de la moyenne.
Mon ami Jean-Pierre (je parle souvent de lui dans mes « Souvenirs ») était à l’inverse de moi ; donc, il me faisait mes devoirs de français et d’anglais et je lui faisais ces devoirs de math et de physique. Résultat, catastrophe au BAC…
 
 
Mais je lisais beaucoup.
 
Après mes lectures au grenier, je m’étais abonné à la bibliothèque municipale qui se trouvait à côté du lycée et j’empruntais régulièrement des livres que je lisais le soir au lieu de faire mes devoirs et d’apprendre mes leçons (je planquais le livre sous la table dès que j’entendais mon père venir). Mes lectures : quelques romans d’aventure anglais dont j’ai oublié les auteurs, mais aussi Conan Doyle (Sherlock Holmes), Agatha Christie (Hercule Poirot), Maurice Leblanc (Arsène Lupin) et, bien sur, celui dont je suis toujours fidèle, Marcel Pagnol.
 
Puis vers 17/18 ans, je suis tombé sur des œuvres qui m’ont beaucoup marqué. Quelques exemples >>>
La période militaire :
 
Dans l’arme du Génie à partir de septembre 1961, je débute à Avignon, ville ouverte (savez-vous ce qu’est une ville ouverte ?*). Donc, pratiquement plus de lecture, en dehors de quelques bandes dessinées de qualité ( Lucky Luke, Astérix, Gaston Lagaffe, les Dingos Dossiers,…) et des périodiques de haut niveau (« L’os à moelle » de Pierre Dac, Harakiri, …). Enfin de nombreuses balades dans la région et des week-ends de bringue à Montpellier avec mes amis qui reviennent d’Algérie.
 
Juillet 1963, c’est le départ pour Cythère. Au début, cela sera surtout des chantiers, des balades ou parties de pêche le week-end et des soirées… hum !!! 
 
En janvier 1965, mon colocataire dans la petite baraque que j’ai loué, est étudiant du musée du Louvre ; il est à Tahiti pour étudier la culture polynésienne. Il va me donner des livres dont j’ai encore certains (« Les Immémoriaux » de Victor Ségalen, des vieilles éditions de La Société des Océanistes,  « Ainsi parlait Zarathoustra »  de Nietsche,…).
 
Pendant ma période travail, famille, patrie ☻... et autres occupations, je continuerai à accumuler des livres, la plupart sur la Polynésie. Mes lectures se résumeront surtout à des encyclopédies et des œuvres de plusieurs tomes (« L’histoire de France et des Français » de Decaux et Castelot). L’avantage de ce genre de livre, c’est qu’on peut l’ouvrir à n’importe quel endroit, lire un passage intéressant et refermer le livre, cela dés qu’on a 10 minutes de libre.
 
* une ville ouverte est une ville où sont obligés de séjourner les interdits de séjour (drôle de définition, comme un bar mal famé est un bar où il y a beaucoup de femmes, rue de la Bourse par exemple où un vieux sergent nous amenait chaque fois que nous faisions des patrouilles avec lui  ).
 
Quelques unes de mes encyclopédies

Quelques unes de mes encyclopédies

En 1998, je vais commencer à lire énormément. Je me suis fixé une tâche, je dois écrire quotidiennement (c’est beau l’amour !) ; mais l’inspiration me fait parfois défaut, j’écris n’importe quoi. Donc je vais lire… et lire des romans qui jusque-là ne m’avaient jamais attiré (Balzac bien sur, mais aussi Alice Ferney, Lisa Gulliver, Christine Orban,…).
 
 
Enfin la retraite et du temps libre, je suis déjà très intéressé par l’histoire du jazz, la poésie, la politique, l’économie ; je vais plonger sur des sujets comme l’histoire des cathares.
Et puis il y a internet et la participation à divers forums et blogs : Tahiti Radio Cocotier, Les Cobayes de la république, la presse locale sur le web, les blogs de mes ami(e)s.
(Voir les « Sites conseillés » et « Sites favoris » dans la colonne de droite du blog)
 
Tout cela, n’explique pas pourquoi je lis.
 
Enfin, lire quotidiennement pendant ma jeunesse  pour finalement me faire virer du lycée en 1ère sans même pouvoir me présenter au BAC… et me retrouver en cours commercial. Peut-être que cela m’a complexé et m’a incité à lire, en particulier pour m’instruire. Mais avant, pourquoi lisais-je ?
 
LYON, place des Terreaux, 1954 (je suis à droite)

LYON, place des Terreaux, 1954 (je suis à droite)

Une idée : Étant pas très costaud, j’étais toujours à la traine de mes copains quand nous partions faire les « 400 coups ». Alors, j’essayais d’en savoir plus qu’eux pour m’imposer intellectuellement. D’ailleurs, quand nous avions rendez-vous, ils étaient impatient que j’arrive pour leur proposer une activité pour ce jour ou ce soir-là et cela jusqu’à l’âge du service militaire. J’étais écouté, j’aurais dû faire de la politique…….  Non, je plaisante, pas possible je ne sais pas mentir.
 
Alors pourquoi lit-on ?

Publié dans Liberté d'expression

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